Je vous laisse penser à ce que notre spécialiste des photos noir et blanc des scènes de rues parisiennes aurait pu faire avec ce décor de film noir et ce superbe exemplaire de 404 des trente glorieuses.
Son index droit se serait mis à le titiller s'il avait été là, ce jour là, et pour plusieurs raisons.
Pour l'emplacement d'abord, un quartier historique de Paris où si l'on prend soin de bien focaliser son œil sur le lieu à cadrer, une période de glaciation semble avoir figé la scène dans les années 60.
Pour le noir et blanc ensuite, enfin ce qu'il évoque, le noir profond de l'auto, le dégradé des pavés avec le relief sombre des joints, si récurrent dans ses photos des rues du quartier des Abbesses et que bien sûr mon amateurisme et mon petit matériel n'ont pas su rendre.
Mais surtout le détail qui tue et que lui seul aurait pu mettre en valeur, le petit chien sur la plage arrière, l'authentique, celui qui hoche la tête quand la voiture est à l'arrêt, qu'on est amoureux et que l'hôtel est bien trop cher.
C'est un collector, en celluloïd recouvert de velours râpeux couleur vanille-chocolat, celui qui trônait sur son napperon entre deux coussins au crochet, à l'arrière de la berline 2ème main, et qui avait donné tout son sens au mot «beauf» dans les années 70.
Alors cette photo, avec une telle mise en scène livrée sur un plateau, un jour où la lumière méritait le regard incisif du pro, pourquoi c'est pas Gérard Laurent qui l'a faite ?
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